Pourquoi j’aime lire des histoires à mon petit-fils, par Annie

Annie est une grand-mère attentionnée, qui aime qu’on lui partage des histoires et qui adore les raconter. Se rappelant son enfance, bercée par la voix de sa maman qui lui faisait vivre les péripéties de la petite Boucle d’or, elle nous livre un témoignage touchant et personnel de ses expériences en tant qu’auditrice puis conteuse d’histoires extraordinaires et merveilleuses.

 

« Je suis une toute nouvelle grand-mère ou presque. Mon seul petit-fils a en effet juste deux ans et sa naissance a été pour mois une belle surprise. A 67 ans je pensais, que je ne serais jamais grand-mère et j’avais commencé à accepter cette idée sans problèmes particuliers.
Mais voilà : un soir mon fils nous a appelé et nous a dit qu’ il avait quelque chose à nous montrer : les clichés d’une échographie qui nous ont d’abord laissés sans voix.
Puis immédiatement deux idées m’ont traversé la tête :

  • j’allais pouvoir tricoter de la layette (l’un de mes dadas) – mais ce n’est pas le problème ici,
  • j’allais pouvoir replonger dans ma malle à livres pour enfants et bientôt les lire à un tout-petit qui, bien sûr, deviendrait grand à la vitesse de l’éclair.

« Boucle d’or et les trois ours »

Pourquoi cet engouement ?

Tout remonte à très loin je pense, à ma petite enfance.

J’ai eu la chance d’avoir une mère qui ne pouvait pas concevoir une journée sans me prendre sur ses genoux pour me lire des histoires. Je me souviens encore très bien de mes livres favoris et en particulier de « Boucle d’or et les trois ours », dont je tournais les pages sans savoir lire, juste au bon moment. J’aimais la représentation de cette petite famille au fond des bois, leur cabane, leur mobilier de bois brut, leur tapis en lirette pour lesquels je garde toujours une grande attirance. Et puis les bols fumant sur la table et les merveilleuses répétitions  » Boucle d’or goûta le grand bol mais il était trop chaud. Elle goûta le moyen bol, mais il était trop froid. Elle goûta le petit bol et il était juste comme il faut « .
Les bras de ma mère, cette voix rassurante, ce texte qu’il fallait me lire toujours au mot près, me donnaient un merveilleux sentiment de sécurité.

Les années ont passé et c’est moi qui me suis mise à lire des livres à mes enfants suivant un rituel bien rodé :
Ma fille ou mon fils étant couché, allumer la lampe de chevet, lui laisser choisir un livre, l’entourer de mon bras et me mettre à lire tout en écoutant la respiration se faire lourde, en regardant les paupières se baisser. Bientôt l’enfant se glisserait au fond de son lit, je remonterai le drap, je déposerai un baiser sur un front ou un bout de nez, j’éteindrai la lampe et ressortirai de la chambre heureuse et apaisée par ce beau moment partagé.

« Mais le moment miracle était celui de la lecture. »

Plus tard encore, j’ai exercé durant quelques années la profession d’institutrice en Petite Section de maternelle. Pour être franche je n’ai pas du tout aimé et ai très vite pris une autre voie. Mais le moment miracle, car il en existait tout de même un, était celui de la lecture. Moi sur mon banc face à eux sur leurs petites chaises, pas vraiment calmes au début. Nous étions en ZEP, une bonne partie d’entre-eux ne parlait pas bien français, un bon nombre avait de gros problèmes.
Mais il suffisait d’ouvrir le livre, de baisser un peu le ton et de me mettre à lire. Mon plus beau souvenir est celui de la lecture de « Bébés chouettes » : trois petites chouettes se réveillent une nuit et constatent que leur maman n’est plus là. Petit à petit leur moral flanche. Celui de mes petits auditeurs aussi. Je les voyais se tasser sur leurs chaises, certains se mettaient à sucer leur pouce jusqu’au moment magique où tournant la page lentement je pouvais prononcer la phrase miraculeuse : « Et elle rentra. Douce et silencieuse… »; Brusquement les dos se redressaient, les sourires réapparaissaient sur les visages, quelques soupirs étaient poussés…

Alors voilà pourquoi j’aime lire des livres à mon petit-fils :

  • pour le plaisir de le sentir se blottir dans mes bras, ou lorsque je lis à distance, parce que je sais qu’il va dire en m’apercevant « C’est Nana ! » et quand l’histoire sera terminée : « Encore ! »
  • pour partager avec lui un moment de bonheur, de calme, de sérénité
  • pour lui faire découvrir les valeurs qui me sont chères, que j’espère, il partagera
  • pour l’éveiller à la beauté des dessins et à la musique des textes. Ah le merveilleux « Et les bébés chouettes fermèrent leurs yeux de chouette et formèrent le vœu que leur maman chouette rentrât bientôt »
  • et bien sûr pour en faire un lecteur à vie, car je suis persuadée que tant que nous pourrons lire des livres, quelques soient les circonstances de la vie, nous aurons toujours un abri »

 

Annie

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