Questions pour un poisson soluble

Nous sommes partis à la découverte de l’Atelier du Poisson Soluble, une maison d’édition aux albums aussi originaux que son nom.

Il était une fois Olivier et Stéphane, deux lycéens d’Auvergne qui s’ennuyaient franchement sur les bancs du lycée. Portés par leurs talents respectifs de conteur et de peintre, ils décidèrent d’écrire leur propre histoire. Aujourd’hui, l’Atelier du Poisson Soluble est une maison d’édition reconnue, « a priori » à destination des enfants, avec un catalogue riche de centaines d’ouvrages, une diffusion dans plus de 2000 librairies en France, une audace et des talents plusieurs fois primés, et un ton décalé, parfois gentiment impertinent, mais toujours intelligent.

« Conte à la confiture », premier album du poisson soluble

Story Enjoy : En quelques mots, parlez-nous de la naissance de ce fameux poisson.
Olivier : Il y a bientôt 30 ans que nous avons, Stéphane Queyriaux et moi-même, fondé cette maison d’édition, alors que nous nous ennuyions à nos études. Nous avons d’abord réalisé nous-même une histoire illustrée, Conte à la confiture, et avons créé une structure pour la publier. Puis nous sommes petit à petit vraiment devenu éditeur.

Story Enjoy : Pour quelles raisons avez-vous choisi d’être éditeur et pas « simplement » auteur ? Et pourquoi barboter en Auvergne ?
Olivier : Pas crainte de l’ennui sans doute. Nous avons imaginé un second projet mais très vite l’envie de travailler avec d’autres s’est faite sentir. Le Puy-en-Velay, c’est là que nous étions installé et n’en avons pas bougé. L’Auvergne, c’est un vrai avantage, cela nous donne un cadre de travail exceptionnel. Et l’on peut parfaitement être éditeur loin de la capitale.

Story Enjoy : Comment se déroule la sélection des projets ?
Olivier : Nous recevons une dizaine de propositions par jour et n’en retenons qu’une douzaine par an. Tous les mois environ, nous discutons tous ensemble des quelques projets que mes collègues et moi-même n’avons pas écartés à la première lecture. Notre critère de sélection premier est d’être surpris, on veut que nos albums fassent réfléchir sur des sujets, qui peuvent sembler « graves » ou sérieux à première vue, mais qui méritent et doivent être abordés avec l’enfant.

Olivier Belhomme

Story Enjoy :  À qui s’adresse vos histoires ? Aux grands enfants ou aux futurs adultes ?
Olivier : Je dirais plutôt aux deux. Nous pensons que les meilleurs livres pour enfants sont ceux qui s’adressent aussi aux adultes, que la multitude de niveaux de lecture est une richesse.

Story Enjoy : Donnez-nous 3 qualités indispensables pour faire un bon livre jeunesse.
Olivier : Si tout a déjà été dit depuis la nuit des temps, rien n’empêche d’être toujours original dans la forme, narrative ou graphique. Il s’agit de toujours veiller à sortir des sentiers battus plutôt que de (mal) recopier des recettes qui fonctionnent (ou pas).
S’il est tentant, peut-être plus encore lorsque l’on s’adresse à la jeunesse qu’aux adultes, de demeurer dans la facilité et de se limiter à une esthétique séduisante et un propos demandant peu d’effort, nous veillons au contraire à nous adresser à l’intelligence de nos lecteurs, à ne pas leur servir une littérature pré-digérée mais un discours qui fera grandir tout en laissant toute sa place à la liberté d’interprétation. D’ailleurs, l’incitation à la paresse n’est-elle pas condamnée par la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse ?
La consigne que nous donnons souvent aux auteurs et aux illustrateurs c’est de ne surtout pas se demander ce qu’attendent les enfants, ce qui peut leur plaire mais de s’exprimer aussi sincèrement que possible, de s’emparer de la page blanche comme d’un espace de liberté.
Pour résumer: originalité, intelligence et liberté. Je crois que ça fait trois.

Story Enjoy :  Avez-vous des trucs et astuces sur la façon de raconter une histoire à un enfant ?
Olivier : C’est une question à poser plutôt aux créateurs mais pas sûr qu’ils acceptent de vous révéler leurs trucs. Je crois qu’en ne prenant pas les enfants pour des imbéciles on est déjà sur la bonne voie.

Story Enjoy :  Selon vous, pourquoi est-ce important de raconter des histoires aux enfants ?
Olivier : Pour qu’ils deviennent plus intelligents que leurs parents.

« Au fait » de Finzo, disponible dans la bibliothèque Story Enjoy

Story Enjoy : Et si l’on plonge Story Enjoy dans une solution concentrée de bonnes idées, est-ce que c’est soluble ? Vous semble-t-il que cette innovation a du sens pour le monde de l’édition ?
Olivier : Bien entendu. Tout ce qui fait circuler et vivre les livres, est le bienvenu. Et nous avons choisi de proposer nos albums via Story Enjoy pour qu’ils circulent et qu’ils vivent justement !

Story Enjoy : Une histoire coup de cœur à partager ?
Olivier : Sans doute la question la plus difficile car tous sont de coups de cœur que nous avons choisis, accompagnés, défendus. Au hasard donc, Au fait pour le sens de l’humour poussé aux limites de l’absurde de cette histoire de sorcière pas comme les autres. Et aussi parce qu’il est passé trop inaperçu !

 

Feuilletez les premières pages d’Au fait de Finzo en cliquant ici.
Bien sûr, aller voir le site officiel de l’Atelier du Poisson Soluble et suivez-les sur Facebook !

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